Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche 13 juillet 2008

Prélude

En avril dernier, je suis allé chercher vers Nevers, chez Mirrosphère (Franck Grière) le disque de Suprax de 600 mm de diamètre, 55 mm d'épaisseur, déjà ébauché à F/D=4. Le voici avec un miroir de 200 posé dessus pour donner l'échelle:

Ce choix est déjà un challenge. Je veux à la fois un télescope « pas trop long » (un tube de 2,4m de long signifie déjà l'emploi d'un bel escabeau pour l'utiliser), pas trop sensible à la collimation (plus le F/D est court, plus la collimation est sensible), mais pas trop impossible à paraboliser, car cette étape fait toujours un peu peur à l'apprenti opticien... (idem, plus le F/D est court, plus la tolérance dans l'étape de parabolisation est faible).

Ce fut aussi l'occasion de voir fonctionner quelques machines à tailler, de discuter de nombreux points techniques sur la réalisation de ces « engins ».

Le moulage de l'outil

Pour débuter le chantier, j'ai confectionné un moule de 480 mm de diamètre (environ 80% du diamètre) destiné à matérialiser le disque outil pour le douci.

Le moule est constitué de 2 hauteurs de feuillard servant à fixer les mats d'antennes. Du scotch noir garnit l'intérieur et maintient les 2 cercles. L'intérieur a été rempli de plâtre de moulage, ainsi que de quelques morceaux de ferraille pour armer le tout.

Evidemment, le plâtre a été déposé alors que le moule était posé sur le disque miroir, emballé dans du « cellofrais » pour éviter que le plâtre ne colle au verre. Cela permet de donner une forme plus proche de celle nécessaire pour le disque outil.

Il faut maintenant attendre le séchage complet, c'est à dire une bonne semaine. Il faudra ensuite rendre étanche l'outil avec de la résine époxy, et garnir la surface de contact avec des morceaux de céramique. La suite Lundi prochain...

Introduction

« Un jour tu tailleras un plus grand diamètre » m'avait promis Jean Marc Becker.

Effectivement, quelques années plus tard, me voilà en possession d'un disque de 600 mm. Je me souviens que JMB avait évoqué la taille d'un tel instrument. Mais j'étais loin d'imaginer qu'aujourd'hui, c'est moi qui me lancerais dans une telle aventure. Une conjonction de faits sans doute, et la volonté de rendre hommage à JMB !

Jean Marc n'aurait sans doute pas accepté que l'on fige le site sur la réalisation d'un miroir « standard ». Les techniques ont évoluées, et il est maintenant possible de tailler plus grand, bien plus grand...

Observateur visuel et dobsonien convaincu, il m'a fallu tout de même plusieurs années pour accepter de passer le pas et de vendre « symboliquement » ma caméra CCD, une Audine, qui de toute évidence ne servait que très peu. Les fonds récupérés ont permi d'acquérir ce disque en Suprax , d'une épaisseur de 55 mm. La technique de taille et de polissage du miroir va être assez différente des précédents miroirs, car vu l'ampleur de la tache, la construction de machines à doucir, puis à polir est incontournable.

Mais avant d'entrer dans le récit de cette aventure, j'avais envie d'évoquer également le souvenir d'un astronome-musicien célèbre, William Herschel (1738-1822), qui me fait toujours rêver. il faut dire que j'ai la chance de partager quelques « petits » points communs: musicien professionnel (classique), je mène des recherches sur la musique de Herschel, qui vont m'amener à jouer et diriger quelques concerts pour « ressusciter » quelques unes de ses œuvres, non dénuées d'intérêts. Opticien amateur, j'aime fabriquer mes télescopes. Enfin, j'observe très régulièrement dans mon jardin, avec une technique finalement pas très éloignée de celle employée par W.Herschel, en décrivant les objets, sans assistance informatique. Malheureusement, je n'ai pas découvert de planète, ni inventé de grandes théories. Restons modeste...

La conduite de ce projet et la tenue de ce blog ne serait pas possible sans l'aide extrêmement bienveillante de Franck Grière (pour ses précieux conseils de tailleur de miroirs), et de Vincent Becker (pour la mise en ligne).