Le viseur polaire
Le 10/03/2008 dans La table équatoriale
Un des intérêts d’une table équatoriale est sa transportabilité. Cela suppose qu’une belle nuit, on s’éloigne assez d’une ville et de ses lumières pour se rendre au fond d’une campagne bien noire. Il s’agit alors d’orienter la table de telle sorte que son axe soit dirigé vers le pôle céleste. J’ai conçu pour ça un viseur polaire adapté.
Dans cet article
Construction et réglage
Deux planches de contre-plaqué sont fixées en équerre sur une troisième. L’une porte un objectif, ici celui d’une photocopieuse, l’autre un tube avec un oculaire, en l’occurrence récupéré sur une vielle paire de jumelles.
Un miroir plan, également issu d’une photocopieuse, mais un bout de miroir de salle de bains aurait fait l’affaire, est placé horizontalement de telle sorte qu’il coude le faisceau et renvoie l’image de l’objectif à 90° vers l’oculaire. Ce miroir est collé sur trois têtes de vis avec du Rubson et sur ces trois vis, des ressorts et des écrous à oreilles permettent de régler son orientation.
Trois tête de vis sous le bâti de ce viseur définissent son plan d’appui sur la table.

Pour l’orienter, j’ai introduit dans le trou de l’axe de la table une baguette de bois. Je l’ai dirigée vers le Soleil de telle sorte qu’elle n’ait plus d’ombre. En faisant basculer la table sur ses roulements, je vérifie que cette baguette est bien sur l’axe, sinon elle fait une ombre aux changements de position.
Ayant muni l’objectif d’un filtre de soudeur, j’oriente la lunette de telle sorte que le Soleil soit centré dans l’oculaire. Mon axe optique est alors bien parallèle à l’axe de la table.
J’ai ensuite marqué la position des trois vis contact. A leur emplacement, j’ai installé un repérage trou trait plan : trois pastilles de métal, de vieilles pièces de monnaie au demeurant, sont insérées à fleur de table. L’une est lisse, dans l’autre un trou conique a été pratiqué et la troisième est entaillée d’une fente en V. Cette disposition permet de remettre exactement en place le viseur,sans aucune erreur en supprimant juste les degrés de liberté nécessaires.
La fente doit être orientée de telle sorte que l’éventuel trajet de la vis lui soit perpendiculaire. Il s’agit là d’un dispositif cinématique très classique.
Une fois remis en place, la visée a été affinée par le réglage de l’orientation du miroir à l’aide des vis poussées sur ressorts.
L’oculaire utilisé est bien pratique, car il a des graduations gravées sur la lentille de champ qui me permettent de viser la polaire et de décaler pour viser le pôle lui même. Sinon, il conviendrait de mettre des repères dans l’oculaire. Une bonne façon de faire est d’ailleurs de mettre un fin trait de colle cellulosique à l’endroit voulu sur la lentille de champ et de saupoudrer dessus de la poudre phosphorescent telle qu’on en trouve dans les magasins de modélisme. Un petit coup de lampe de poche, et ça vaut tous les oculaires réticulés éclairés.
